1. Lire, analyser, comprendre, interpréter l’image

Un travail sur la sémiologie de l’image doit commencer par une réflexion sur l’image fixe (tableau, photographie, …). En effet, même si l’on travaille par la suite sur une émission télévisée ou un film de cinéma, l’unité de base est une image fixe qui s’associe à d’autres images fixes pour produire l’illusion du mouvement. Cette réflexion sur l’image fixe s’organise autour de 7 points :

1. Le cadre

2. La composition

3. Champ/hors-champ

4. La profondeur

5. L’angle de prise de vues

6. L’échelle des plans

7. La lumière

8. La couleur, camaïeu, noir et blanc

1. Le cadre

C’est l’espace dans lequel on donne l’image à regarder. Dans notre civilisation occidentale ce cadre est pensé comme une fenêtre par laquelle le monde est donné à voir.

Ce cadre est donc majoritairement rectangulaire, horizontal ou vertical. Le cadre horizontal est considéré comme synonyme de calme, de distance, alors que le cadre vertical se situe plutôt du côté de la proximité et de l’action.

2. La composition

C’est l’organisation de l’espace à l’intérieur même du cadre.

Brie, France, Juin 1968

Bougival,France, 1955          Henri Cartier-Bresson

 Bressonbrie

bresson_bougival_72 

1.a L’organisation spatiale et temporelle :

L’axe vertical découpe l’image en deux parties, la partie de gauche étant le présent ou un passé proche et la partie de droite un futur proche.

seville    Séville, Espagne,1932  Henri Cartier-Bresson

Other Americas 1977-1984Guatemala, 1978  Sébastiao Salgado

L’axe horizontal sépare l’image entre terre et ciel mais aussi entre zone de matérialité et zone de spiritualité.

angkor riboudAngkor,1990 Marc Riboud

Pelada, Brésil, 1986  Sébastiao SalgadoMines d’or à ciel ouvert  Serra Pelada, Brésil, 1986  Sébastiao Salgado

3. Champ/hors champ

Dans la mesure où certains cadrages rejettent dans le « hors-champ » toute une partie de la réalité, l’effet de l’image finale sur le destinataire peut être éloigné de celui que la scène photographiée devait logiquement entraîner :

« Une photo, on peut lui faire dire ce qu’on veut ! Un texte, un film, un discours, c’est la même chose – il suffit d’en découper un petit morceau, de le mettre à part, bien proprement, sur une jolie page. L’« extrait » prend tout de suite une coloration différente, quelquefois un sens totalement différent ! Tout dépend de l’endroit où l’on coupe. Tout dépend de celui qui tient la colle et les ciseaux.» Cl. Duneton, Anti-manuel de français, Ed. du Seuil, 1978,

sieffVieille bicyclette sur une route vide – 1976  Jeanloup Sieff

4. La profondeur

La profondeur est suggérée par l’existence de plusieurs plans dans la même photo/image : premier plan, second plan, arrière-plan. C’est la distance perçue qui sépare cette succession. Dans la perspective classique la profondeur implique aussi dans l’image des lignes de fuite. Selon qu’elles se recontrent dans l’espace de l’image ou hors du champ, on parlera d‘espace fermé ou ouvert.

5 Angle de prise de vue

La position de l’appareil de prise de vue par rapport au sujet est également productrice de sens. Une prise de vue de niveau (frontal) sera synonyme d’objectivité (équivalente au regard du spectateur). En plongée (l’appareil placé au-dessus), le sujet sera écrasé alors qu’il prendra plus d’importance en contre plongée (appareil placé en dessous).

6. L’echelle des plans

Du plan général au très gros plan, le cadrage des sujets est déterminé par rapport à une échelle des plans. Cette échelle purement descriptive, permet de se donner un référent commun pour parler d’une même image. Elle a été établie en prenant pour référence l’échelle humaine.

Plan général  : paysage ; Plan d’ensemble  : le personnage dans son environnement ; Plan moyen : le personnage en pied ; Plan américain : le personnage coupé entre le genou et la taille ;  Plan rapproché : le personnage coupé entre la taille et la poitrine ; Gros plan : visage ; Très gros plan : détail du visage .

Le plan général et plan d’ensemble ont une valeur descriptive, les plans moyen, américain et rapproché, une valeur narrative, et les gros et très gros plans, une valeur  » psychologique « .

7. La lumière : Directe/indirecte

8. La couleur – le noir et blanc – le camaïeu

Une prise de vue en noir et blanc traduit un choix esthétique ou une volonté de situer l’action dans le passé.

En couleur, un éclairage solaire crée une sensation de naturel alors qu’un éclairage artificiel théâtralise la scène.

De même, un traitement pastel des couleurs nuance une image qui serait dynamisée par un contraste important ou une grande vivacité des teintes. Le camaïeu : plusieurs nuances de la meme couleur : une image d’irréealité, de retour au pas

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