5. La crise de la presse aujourd’hui

La presse occidentale s’enfonce dans la crise                          LE MONDE | 10.12.2012 

UNE CRISE QUI S’APPROFONDIT

Fermeture de titres, basculement vers le numérique, plans sociaux à répétition : 2012 aura été une année noire pour les journaux papier dans tout le monde occidental.
En Espagne , des restructurations brutales ébranlent les plus grands quotidiens. Après El Mundo, c’est l’emblématique journal du centre  gauche El Pais qui vient d’annoncer  un plan de licenciement touchant près du tiers de ses effectifs. Même l’Allemagne  pourtant longtemps le pays roi de la presse écrite sur le Vieux continent , n’est donc plus épargnée. Avant le FTD, le quotidien de centre gauche Frankfurte Rundschau a déposé le bilan mi-novembre. La crise de la presse fait aussi des ravages aux Etats-Unis. Pas un mois ne passe sans qu’un journal n’y annonce son passage au tout numérique, souvent dernière étape avant la disparition. Un site Internet Newspaper Death Watch, recense les fermetures…

DES BOULEVERSEMENTS STRUCTURELS

« La crise n’est pas cyclique, elle est vraiment structurelle« , souligne Bertrand Pecquerie , patron du Global Editors  Network, un réseau mondial de rédacteurs en chef. « Les journaux des pays développés ne retrouveront jamais les niveaux de lectorat et de publicité d’autrefois », poursuit-il, prédisant une année 2013 « encore bien pire ».
Les causes sont connues mais gagnent en puissance depuis plusieurs mois. La concurrence d’Internet, la démultiplication de l’offre d’information gratuite, ont profondément modifié les habitudes des lecteurs. Aujourd’hui, 46,6 % des Français sont équipés d’un smartphone. Plus d’un milliard de téléphones intelligents et de tablettes devraient être vendus dans le monde en 2013, selon le cabinet Gartner. Une révolution numérique qui bouleverse le modèle économique de la presse traditionnelle, dont les revenus publicitaires s’effondrent au profit d’Internet.
En France, au premier semestre 2012, les recettes publicitaires des journaux ont baissé de 8,1 %, bien plus que pour les autres medias, d’après l’Institut de recherches et d’études publicitaires (IREP). Pour se défendre, les éditeurs de presse en France, en Allemagne, en Italie , en Suisse,  réclament une « taxe  Google ». Leur objectif : faire  payer les moteurs de recherche  – en première ligne, le géant américain – pour la reprise de leurs contenus.

LA FIN DU PAPIER COMME MÉDIA DE MASSE

Le journal imprimé est-il donc voué à disparaître ? La plupart des spécialistes continuent de lui voir  un avenir  mais dans un cadre profondément renouvelé.« Le papier passera de média de masse à média de niche« , prédit M. Pecquerie.
Pour celui-ci, seule une poignée de journaux pourront s’en sortir . Une presse quotidienne élitiste vendue, d’ici cinq ans, à 3-4 euros l’exemplaire, ciblant un lectorat haut de gamme lui permettant d’attirer les annonceurs. « La presse papier n’est pas condamnée à mourir , à condition de développer une vraie stratégie multi-écrans et de se diversifier », estime Eric Hazan , directeur associé du cabinet de conseil McKinsey.

UN MODÈLE À BÂTIR SUR LE WEB

A la recherche d’un nouveau modèle pour exister  sur la Toile, les journaux n’ont pas trouvé la martingale. Comme le rappelle Vincent Peyrègne, patron de la Wan-Ifra (Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’information), « les revenus d’un journal sont encore essentiellement tirés du papier ». La stratégie « 100 % numérique » reste un pari hasardeux, comme en témoignent les déboires de La Tribune. Le titre, fondé au milieu des années 1980, n’a quasiment jamais gagné d’argent, et le passage en ligne n’a pas inversé cette tendance.
Avant d’en  arriver à cette extrémité, les journaux testent des solutions mixtes. Le Guardian, au Royaume-Uni, publie ses informations en libre accès sur son site avant d’en  liver  une version plus détaillée sur le papier. Mais s’il touche une large audience, le journal ne parvient pas à la monétiser et perd de l’argent. Le New York Times, le prestigieux quotidien américain, essaie la formule « au compteur » : le lecteur peut consulter  gratuitement une dizaine d’articles sur son site, au-delà, il doit sabonner . Le système remporte un certain succès mais ne permet pas encore de compenser  le manque à gagner  publicitaire. En France, le quotidien Les Echos a lancé un modèle similaire.

UNE DIVERSIFICATION INDISPENSABLE

Pour l’instant, les groupes de presse qui se sont le mieux adaptés sont allés chercher  de nouveaux revenus dans des activités purement Internet. Ainsi de l’allemand Axel Springer  (Bild, Die Welt) et du norvégien Schibsted (20 minutes) qui ont mis la main sur des sites Web de petites annonces et réalisent une bonne part de leur chiffre d’affaires hors presse.
Dans cette logique, de plus en plus de journaux se diversifient en nouant des partenariats dans des activités en ligne avec leur « ADN ». Le Figaro a son club de vin, le Times et le Sunday Times , outre-Manche, leur « club de whisky » avec, au menu, dégustations et e-commerce 

Quelle est l’opinion d’Ignacio Ramonet sur le journalisme on-line ?

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