7. cinéma : Jules et Jim / La nouvelle vague

 « Jules et Jim est un hymne à la vie et à la mort, une démonstration par la joie et la tristesse de l’impossibilité de toute combinaison amoureuse en dehors du couple », écrivait Truffaut un an avant le tournage.

Jules et Jim est la célèbre histoire d’un amour à trois : Jules, un poète juif allemand séjournant à Paris avant la première guerre mondiale, rencontre Jim, poète français qui devient son inséparable ami. Ils font de concert quelques conquêtes féminines, jusqu’à ce que Jules épouse Kathe, allemande elle aussi, en visite culturelle en France également. L’amour de Jules pour Kathe ne fonctionne vraiment que s’il est complété par celui de Jim. Jules et Kathe s’installent en Allemagne où ils ont des enfants. Jim poursuivra au fil des années une relation tumultueuse et discontinue avec Kathe ainsi qu’une indéfectible amitié avec Jules.

Ce fut d’abord un roman largement autobiographique de Pierre-Henri Roché publié en 1953 dont l’histoire commence avant la première guerre mondiale. L’auteur est le double de Jim, l’amoureux français du trio avec Kathe et Jules.

Le récit est ensuite popularisé par le film de François Truffaut avec Jeanne Moreau en 1962. Kathe s’appelle désormais Catherine et devient française. Truffaut réussit le prodige de reconstituer l’atmosphère poétique un peu surréaliste du livre et y apporte la touche sonore qui complète et synthétise l’histoire avec la chanson « Le tourbillon » (paroles de Cyrus Bassiak et musique de Georges Delerue).

Fiche technique

  • Production : Marcel Berbert
  • Réalisation : François Truffaut
  • Scénario : François Truffaut, Jean Gruault, d’après le roman de Henri-Pierre Roché
  • Photo : Raoul Coutard
  • Décors : Fred Capel
  • Musique : Georges Delerue ; la chanson Le Tourbillon est de Cyrus Bassiak (pseudonyme de Serge Rezvani).
  • Montage : Claudine Bouché
  • Format : Film noir et blanc 35 mm  Franscope
  • Genre : drame
  • Date de sortie : France : 23 janvier 1962

Acteurs

  • Jeanne Moreau : Catherine
  • Oskar Werner : Jules
  • Henri Serre : Jim
  • Cyrus Bassiak (Serge Rezvani) : Albert
  • Michel Subor : voix du narrateur

Récompenses

  • 1962 : Grand Prix de l’Académie du Cinéma
  • Prix de la mise en scène au Festival de Mar del Plata 1962

Musique du film

Serge Rezvani joue le personnage d’Albert, qui dans le film écrit la chanson Le Tourbillon pour Catherine. Il a réellement écrit cette chanson sept ans plus tôt, en référence justement au couple que formaient Jeanne Moreau et son compagnon de l’époque Jean-Louis Richard, qui était aussi le meilleur ami de Serge.

Autour du film

Pour son roman, Henri-Pierre Roché puise dans une veine largement autobiographique : Jim (ici, Henri Serre), c’est lui, ou presque; et Jules (Oskar Werner) et Kathe (dans le livre) / Catherine (Jeanne Moreau) sont directement inspirés par l’écrivain allemand (autrichien dans le livre) Franz Hessel et Helen Grund (Berlinoise, fille d’un banquier prussien protestant), parents de Stéphane Hessel, normalien, résistant et diplomate né à Berlin en 1917 (comme il l’a confirmé lui-même dans certains de ses écrits publiés et des interviews).

Biographie de François Truffaut

Naissance :  06 février 1932 à Paris
Décès : 21 octobre 1984 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
Il se marie en 1981 avec l’actrice Fanny Ardant.

Formation

Après une enfance solitaire et malheureuse, un service militaire interrompu par une désertion, François Truffaut devient critique de cinéma en 1951 grâce à André Bazin. Aux Cahiers du cinéma puis à Arts, il est un des critiques les plus brillants et les plus provocateurs des années 50. Adepte d’un cinéma résolument classique représenté par Jean Renoir ou Jacques Becker, il fustige le cinéma français de l’époque et exalte certains maîtres du cinéma américain. Il défend un cinéma « d’auteurs » et préfigure ainsi l’avènement de la Nouvelle vague dont il est un des théoriciens.

Carrière au cinéma

Dès son court métrage Les Mistons (1958), François Truffaut montre où il va se situer : dans une tradition française fondée sur l’observation de la vie quotidienne et sur l’étude de caractères. Les Quatre cents coups (1959) ouvre le cycle Antoine Doinel qui fait la réputation du cinéaste : L’Amour à vingt ans (1962), Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970), L’Amour en fuite (1978). En apparence, son oeuvre se fond dans un certain classicisme et paraît contredire sa réflexion critique. Cinéaste de la sensibilité, il excelle dans l’autobiographie et le psychodrame, en mêlant l’humour et la tendresse.  Jules et Jim (1961) est un divertissement plein de fraîcheur même si l’on peut y voir une simple chronique bourgeoise. Dans d’autres films (Les Deux Anglaises et le continent, 1971; L’Histoire d’Adèle H., 1975), François Truffaut décrit les mécanismes de la passion avec une distance qui désarçonne souvent le spectateur. Il s’essaie aux films noirs avec La Mariée était en noir (1968) et La Sirène du Mississipi (1970) ou à la science fiction avec Farenheit 451 (1966). Il est convaincant lorsqu’il trouve une touche douce-amère, révélatrice de ses inquiétudes et de ses dons pour la direction d’acteurs : L’Enfant sauvage (1970) et L’Argent de poche (1976) sont d’émouvants regards sur l’enfance, L’Homme qui aimait les femmes (1977) est pathétique, grinçant et profondément  » français « , La Nuit américaine (1973), un des films qui lui tenait le plus à coeur. Ses trois derniers films, Le Dernier métro (1980), La Femme d’à côté (1981) et Vivement dimanche(1982), sont à nouveau des oeuvres charmantes et fragiles conçues par le cinéaste comme des  » actes d’amour  » pour ses acteurs. Dans sa diversité apparente, l’oeuvre de François Truffaut tient son unité de la liberté de création du réalisateur, dont la personnalité fait l’unité profonde. Mondialement célébrée, notamment aux Etats-Unis, son oeuvre fait plus souvent l’objet d’un culte que d’un inventaire critique. François Truffaut tient parfois le rôle principal dans ses films. Il joue un rôle important dans Rencontres du troisième type (Steven Spielberg, 1977).

La nouvelle vague 

Caractéristiques formelles et esthétiques

On voit apparaître une nouvelle façon de produire, de tourner, de fabriquer des films qui s’oppose aux traditions et aux corporations. L’invention du magnétophone portable autonome, le goût des tournages en extérieur, imposent une nouvelle esthétique plus proche du réel. Cette rupture entre cinéma de studio et cinéma extérieur est mise en scène notamment dans La Nuit américaine de François Truffaut (1973) , sorte de testament de l’« ancien » cinéma et de manifeste de la « Nouvelle Vague ». […]

La Nouvelle vague est apparue dans les années d’après guerre alors que des jeunes gens animés par un désir de cinéma aspiraient à une vie libre et sans convention. Le cinéma français de cette époque était relativement dépourvu de créativité et d’originalité, se contentant souvent d’être un simple support au roman. Les jeunes cinéastes de la Nouvelle vague ont bousculé les règles en revoyant tous les fondements du cinéma. Ainsi le point de vue du spectateur est parfois pris en considération dans le film en interpellant le spectateur, par des jeux de mise en abyme sur le cinéma, par de nombreux jeux d’arrêt sur image, de ralentis, de jeux saccadés… Tout cela s’unit afin que le film rappelle sans cesse qu’il est un film, que c’est du cinéma.

Un effet de réalisme s’instaure : le réalisateur ne cherche plus à tromper le spectateur avec du faux vrai mais à montrer la réalité du cinéma comme elle est, notamment, avec ses plans qui ne sont pas continus dans le temps comme pourrait le croire ou l’oublier le spectateur, avec ses acteurs qui ne sont là que pour être acteurs d’un film et non acteurs d’une histoire ou d’un scénario et avec ses décors qui n’existent que parce qu’ils ont un pouvoir symbolique que parce qu’ils ressemblent à la réalité. Ainsi, ce mouvement ne cherche pas à reproduire la réalité comme elle devrait être mais à montrer la réalité du cinéma comme elle est.

Truffaut dira de La Nouvelle Vague :« La nouvelle Vague ce n’est ni un mouvement, ni une école, ni un groupe, c’est une quantité, c’est une appellation collective inventée par la presse pour grouper cinquante noms de nouveaux qui ont surgi en deux ans[…] cette masse de films n’a en commun qu’une somme de refus (concernant les méthodes de tournage) , […] Malheureusement, ces films (ont l’apparence) de ce qu’on pourrait surnommer le « saganisme » : voitures basses, bouteilles de scotch, amours rapides, etc. La légèreté de ces films passe, parfois à tort, parfois à raison, pour de la frivolité. »

Truffaut se réfère au refus des nouveaux cinéastes d’adopter des thématiques trop engagées, de proposer comme critère d’évaluation le contenu éthique du film, le message en termes de valeurs et de s’inspirer toujours à la littérature comme modèle esthétique et éthique.

Truffaut dans un article célèbre « Une certaine tendance du cinéma français » {Cahiers, n° 31, janvier 1954). ,en même temps qu’il critique la « qualité française » au nom de son académisme, réclame avec insistance qu’on fasse place à la génération montante. .. « II faut filmer autre chose, avec un autre esprit. » II énonce alors un programme à la fois esthétique et moral, technique et économique.; il exhorte à abandonner les studios en même temps que les types de récit en usage….

Les représentants les plus importants de cette génération:

François Truffaut, Jean-Luc Godard, Eric Rohmer, Claude Chabrol, Louis Malle, Alain Resnais….

Une interview à Truffaut

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