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10. Exercice: lire une photo

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Zaouar Hocine – (La Madone de Bentalha)  HCB- Paris, 1932, Place de l’Europe

1997 AFP – Algérie- El Harrach

 

Questions sur la lecture des photos

Décrire : Pour décrire une photographie, vous devez noter le plus d’informations factuelles disponibles:

  •  Porte-t-elle un titre? Qui en est l’auteur? Où et quand a-t-elle été prise (légende)?
  • Observez le sujet et décrivez-le clairement
  • Décrivez les éléments visuels et iconiques : les couleurs, les lignes, les formes, la lumière, l’espace

Analyser En analysant la photo quel élément attire-t-il votre regard en premier lieu?

  • Regardez s’il y a des personnages. Quel genre de vêtements portent-ils? Quel âge paraissent-ils avoir? Quelle semble être leur relation?Que notez-vous dans l’expression du visage et le langage du corps
  • Que se passe-t-il à l’arrière-plan?  Quelle heure semble-t-il être? Indiquez l’atmosphère générale.

Interpréter : Tirez des conclusions à partir des informations obtenues par la description et l’analyse.

  • Quel message le photographe tente-t-il de transmettre, c’est-à-dire quelle est son intention?
  •  Pourquoi a-t-il pris la photo à ce moment-là? Pourquoi a-t-il choisi cet angle de vue?
  • Notez ce que l’auteur a gardé dans son image, et ce qu’il en a exclu.

Cherchez de l’information en dehors de l’image. Découvrez le contexte historique de la photographie.  Que se passait-il à ce moment-là dans le monde?

 

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Questions sur la photo de presse dans les unes :

1.  Quel est l’emplacement dans la page ?

2.  Quelles dimensions dans la une ?

3.  Y a-t-il d’autres photos du même sujet ?

4.  La légende : quelles informations donne-t-elle ?

5.  Fonction de la légende

6.  A part la légende quels autres textes ?

7.  Fonction de l’image par rapport aux textes : redondance,

complémentarité, écart ?

8.  Analyse de l’image : cadrage/champ, échelle des plans,

profondeur de champ, angle de vue, couleurs, éclairage,

fonction/s

9. Lire la photo avec l’Agence France-Presse

8. Vocabulaire: les mots pour décrire un objet

Matière

  • En quoi est fait cet objet ? Il est en…
  • En liège
  • En papier
  • En carton
  • En bois
  • En plastique
  • En fer
  • En métal
  • En acier
  • En or
  • En argent
  • En céramique
  • En coton
  • En laine
  • En acrylique/en nylon
  • En lin
  • En terre/en terre cuite
  • En cuir

Forme:

  • quelle est la forme de cet objet ? Il peut être…
  • Carré
  • Rectangulaire
  • Ovale
  • Rond/circulaire
  • triangulaire
  • Sphérique
  • Allongé
  • Court
  • Taille/Dimensions
  • : quelle est la taille de cet objeT? Il est plutôt… Il a une partie…
  • Petit,  grand, Minuscule,  géant, énorme, Haut, bas, Long, Court, Large, étroit, Mince, Gros, lourd, léger
  • Il est de taille moyenne
  • Il est grand comme…

Couleur

  • Bleu (bleu ciel, bleu foncé, bleu marine, bleu délavé)
  • Blanc
  • Rouge
  • (rouge vermillon, rouge vif, écarlate)
  • Vert (vert clair, vert foncé)
  • Noir, Jaune,Mauve,Marron
  • Gris,Clair,Foncé,Orange,Beige,Rose, Violet, Mauve

L’aspect extérieur

  • C’est dur, doux, mou, épineux, à bosses…
  • C’est lisse, rugueux, inégal…

Sa fonction/son utilité:

  • A quoi sert cet objet?
  • A quoi sert-il?
  • Quelle est sa fonction?
  • On l’utilise pour quoi?
  • Ça sert à…
  • On l’utilise pour (+ infinitif)
  • On l’utilise quand on…..
  • On l’utilise dans…..
  • Il est utile pour…
  • C’est un truc pour…
  • C’est un machin pour…

Son prix

Combien coûte cet objet ? Il coûte environ… euros,  Il fait… euros ; Il est cher, il est bon marché

7. Bord de Marne – Henri Cartier Bresson

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Description

C’est le Bord de Marne, en 1938 par Henri Cartier Bresson : La rivière qui se jette dans la Seine juste à l’entrée de Paris, au sud.

Le sujet : deux couples sur le bord de la Marne font un pique-nique. La photo est divisée en deux par une ligne horizontale qui sépare la terre (les bords de la rivière) de l’eau. Photo en noir et blanc.

Dans le cadrage 24×36 de son Leika, le photographe, situé derrière les personnages, cadre son sujet au plus près, pour que la scène se développe sur toute la surface de l’image.

La prise de vue en plongée guide le regard à descendre progressivement du premier plan à gauche (homme au chapeau qui se sert à boire), vers la barque et la rivière dans une succession de plans horizontaux.

On peut insister sur l’instantanéité exprimée par les postures des différents personnages.

Le personnage à gauche verse du vin dans un verre, la dame à droite a quelque morceau de nourriture en main et semble vouloir le porter à la bouche et le mordre, l’autre femme aussi à gauche a un bout de nourriture dans la main gauche. Le personnage masculin pris par derrière, de dos a les deux mains appuyées sur l’herbe et regarde l’eau de la rivière.

Plusieurs objets sont disséminés sur l’herbe. D’abord des nappes, puis des assiettes avec des couverts et de la nourriture dedans, puis des serviettes sur les genoux de chaque personnage.

On aperçoit un panier en osier ouvert avec de la nourriture dedans et, derrière la femme à droite, une bouteille vide. Une canne à pêche est plantée dans l’herbe  .

 

Analyse 

 L’habillement est très informel : des bretelles, des maillots, des jupes pour les femmes.. Les hommes ont des chapeaux, mais pas les femmes.

Scène emblématique d’un dimanche ensoleillé, au bord de l’eau, scène de la vie quotidienne, saisie sur le vif. Les congés payés ont permis à la classe ouvrière d’accéder aux loisirs jusque là réservés à la bourgeoisie.

En regardant les ombres (de la barque surtout) on peut comprendre que le soleil est à son zenith.

Cartier Bresson fige un instant du déjeuner, un jour de pêche à la ligne.

 

Interprétation

 Montrer comment les couples de la classe ouvrière peuvent se permettre des moments de loisir. En même temps, une petite veine humoristique ou ironique. Quel cadre ? Tout ce qui a un lien avec le pique nique à la campagne. Vue d’ensemble, mais en même temps, photo bien remplie par les personnages qui occupent toute la moitié basse de la photo. Cette sensation d’encombrement est équilibrée par l’eau de la rivière, mais là aussi il y a une barque.

Sensation générale de lassitude, de gens qui ont beaucoup mangé et beaucoup bu…

Les personnages regardent, mais ne parlent pas entre eux. On a la sensation qu’ils sont complètement occupés par la nourriture et la fatigue de la digestion.

Même si c’est un instantané, on ne perçoit aucun élément  de mouvement, aucun dynamisme. On a presque l’impression de sentir la chaleur du soleil.

Distance, mais acceptation indulgente.

6. Lire la photo de presse

5. Les données qui fondent l’analyse des photographies d’actualité

Éléments visuels de la photo d’actualité dans la Une d’un journal 

  • son emplacement dans la page
  • superficie de la photo par rapport à l’ensemble de la page
  • renforcement de l’image par une autre image ?
  •  lecture de la photo : quels sont les éléments principaux ? Où se trouvent-ils ?
  •  composantes animées et inanimées
  • cadrage, plan, lumière, couleurs, angle de vue

Les données source

  • Crédit, copyright (agence de presse, agence photographique, nom du photographe)
  • Date et nature du support médiatique où paraît la photographie
  • Renseignements sur le commanditaire (agence, journal, maison d’édition, entreprise)
  • Renseignements sur le photojournaliste (professionnel, amateur, indépendant…)
  • Date et lieu de réalisation de la photographie
  •  » Légende.

Au-delà de la dimension législative et déontologique, le respect de l’auteur et l’authentification de l’image (nature et contexte) relèvent d’une compétence clé: la question des sources intéresse directement le processus de construction des significations. Comment en effet analyser une image d’information si on ne possède pas les données relatives à ces circonstances?

Les données formelles

  • Modes de réalisation et de tirage (photographies analogiques/numériques/3D)
  • Poids (octets), définition (pixels), résolution (ppi/ppc), dimension (H/L), palette graphique
  • Support d’impression (papier, écran)
  • Mise en page (positionnement de l’image dans 1a page support, relation avec les autres registres sémiotiques : textes, images, schémas, graphiques, multifenêtrage)
  • Ces données sont à 1a fois difficiles à analyser (1a plupart des enseignants n’ont pas les savoirs requis pour le faire) et à manipuler: la technique ne saurait court-circuiter le travail de compréhension en se substituant à lui. Mais tout commentaire sur les effets produits par une image doit s’appuyer sur une connaissance – ou du moins une prise en compte – de ses modes de réalisation.

Les données plastiques

  • Le format
  • La composition (plan, cadrage)
  • Le traitement de la lumière
  • La palette graphique (couleurs)
  • Les retouches photographiques

L’approche résolument formelle nous fait entrer dans 1e champ de l’expérience esthétique, qui est aussi celui de l’intersubjectivité (photographe/enseignant/élèves). Mais précisément, e11e est indispensable pour que la classe ait les outils lui permettant de poser l’existence d’une esthétique de l’image d’information avec ses codes, ses stéréotypes, ses schèmes de production et de réception.

Les données iconiques (ce que l’image nous donne à voir)

  •  Figurativité (portraits, objets, motifs)
  •  Narrativité (temps, espace, histoire)
  • Affectivité (sentiments, émotions, ressentis)

Les données informationnelles

  • Sujet/thème
  • Angle
  • Point de vue
  •  Rapport à l’actualité (une photographie est toujours située dans un processus d’événementialisation : différence entre événement, actualité, information)

Les critères d’analyse

[ce que je vois dans l’image ; compréhension/interprétation)

L’effet de réel

  • La part culturelle (intericonicité, « reconnaissance », stéréotypie, sens commun, transgression, parodie/pastiche)
  • Les intentions (rapporter, commenter, provoquer, référer, promouvoir)
  • La part rhétorique (les figures de style iconographiques)
  • La part symbolique

Les données textuelles

Deux types de textes accompagnent les photographies : la légende et 1e(s) texte(s) ou article(s) associé(s). I1s interagissent avec tes effets produits par 1a photographie :

  • descriptifs (figuration, rapport au réel, témoignage)
  • narratifs (dramatisation, spectacularisation)
  • argumentatifs (visée)
  • esthétiques (mise en valeur plastique).

4. Lire l’image

–   Image connotée / dénotée

–   Bordure/sans bordure

–   Cadre/cadrage

–   Composition

–   Champ/hors-champ

–   Profondeur de champ  (avant-plan, arrière plan)

–   Lignes de fuite/ point de fuite

–   Angle/point de vue

–   Lumière/direction

–   Plan

–   Contours / couleurs

–   Polychrome, camaïeu, noir et blanc

3. Pour vérifier vos connaissances

  • Le mot « image » vient du …………………….
  •  Combinez par des flèches

a . image naturelle                              1. signalisation routière

b . image artificielle                           2. ombre, reflet

c . image mentale                               3. photo

d . image symbolique                         4. représentation mentale, souvenir

  •  L’ensemble formé de l’avant-plan et de l’arrière-plan porte le nom de …………………………
  •  Comment s’appelle un plan qui grossit un détail?……………………………………
  •  Où faut-il placer les lignes de fuite pour avoir un espace ouvert ?………………
  •  L’art non figuratif s’appelle aussi……………………………………………
  •  Sur l’écran de l’ordinateur l’image est formée de ………………………………..
  •  Comment on appelle l’espace évoqué mais non représenté dans l’image ?………………..
  •  La science qui étudie les signes s’appelle……………………………….
  •  Un plan qui situe une silhouette complète dans son environnement…………………………….
  •  Les images sont toujours délimitées par des lignes : vrai………………… faux……………….
  •  Trois éléments de la grammaire de l’image…………………………………………………………….
  •  Image représente le réel :  vrai……….  faux……………….
  •  Ce plan reproduit une personne jusqu’aux genoux. C’est un plan …………………….
  •  Sans bordure, plus grand effet de réel :   vrai………………. ;  faux…………………
  •  L’image non protégée par le copyright est ……………………………
  •  Pour la profondeur de champ il faut…………………………………………………………….
  •  Camaïeu polychrome :  vrai……………….. ; faux………………..
  •  Un angle de vue d’en haut : c’est…………………………………………………
  •  Un angle de vue d’en bas : c’est ………………………………………………….
  •  Image dénotée  s’oppose à image…..

2. Qu’est-ce qu’une image ?

Vous pouvez télécharger cette présentation en cliquant sur ce lien
‘image

1. Lire, analyser, comprendre, interpréter l’image

Un travail sur la sémiologie de l’image doit commencer par une réflexion sur l’image fixe (tableau, photographie, …). En effet, même si l’on travaille par la suite sur une émission télévisée ou un film de cinéma, l’unité de base est une image fixe qui s’associe à d’autres images fixes pour produire l’illusion du mouvement. Cette réflexion sur l’image fixe s’organise autour de 7 points :

1. Le cadre

2. La composition

3. Champ/hors-champ

4. La profondeur

5. L’angle de prise de vues

6. L’échelle des plans

7. La lumière

8. La couleur, camaïeu, noir et blanc

1. Le cadre

C’est l’espace dans lequel on donne l’image à regarder. Dans notre civilisation occidentale ce cadre est pensé comme une fenêtre par laquelle le monde est donné à voir.

Ce cadre est donc majoritairement rectangulaire, horizontal ou vertical. Le cadre horizontal est considéré comme synonyme de calme, de distance, alors que le cadre vertical se situe plutôt du côté de la proximité et de l’action.

2. La composition

C’est l’organisation de l’espace à l’intérieur même du cadre.

Brie, France, Juin 1968

Bougival,France, 1955          Henri Cartier-Bresson

 Bressonbrie

bresson_bougival_72 

1.a L’organisation spatiale et temporelle :

L’axe vertical découpe l’image en deux parties, la partie de gauche étant le présent ou un passé proche et la partie de droite un futur proche.

seville    Séville, Espagne,1932  Henri Cartier-Bresson

Other Americas 1977-1984Guatemala, 1978  Sébastiao Salgado

L’axe horizontal sépare l’image entre terre et ciel mais aussi entre zone de matérialité et zone de spiritualité.

angkor riboudAngkor,1990 Marc Riboud

Pelada, Brésil, 1986  Sébastiao SalgadoMines d’or à ciel ouvert  Serra Pelada, Brésil, 1986  Sébastiao Salgado

3. Champ/hors champ

Dans la mesure où certains cadrages rejettent dans le « hors-champ » toute une partie de la réalité, l’effet de l’image finale sur le destinataire peut être éloigné de celui que la scène photographiée devait logiquement entraîner :

« Une photo, on peut lui faire dire ce qu’on veut ! Un texte, un film, un discours, c’est la même chose – il suffit d’en découper un petit morceau, de le mettre à part, bien proprement, sur une jolie page. L’« extrait » prend tout de suite une coloration différente, quelquefois un sens totalement différent ! Tout dépend de l’endroit où l’on coupe. Tout dépend de celui qui tient la colle et les ciseaux.» Cl. Duneton, Anti-manuel de français, Ed. du Seuil, 1978,

sieffVieille bicyclette sur une route vide – 1976  Jeanloup Sieff

4. La profondeur

La profondeur est suggérée par l’existence de plusieurs plans dans la même photo/image : premier plan, second plan, arrière-plan. C’est la distance perçue qui sépare cette succession. Dans la perspective classique la profondeur implique aussi dans l’image des lignes de fuite. Selon qu’elles se recontrent dans l’espace de l’image ou hors du champ, on parlera d‘espace fermé ou ouvert.

5 Angle de prise de vue

La position de l’appareil de prise de vue par rapport au sujet est également productrice de sens. Une prise de vue de niveau (frontal) sera synonyme d’objectivité (équivalente au regard du spectateur). En plongée (l’appareil placé au-dessus), le sujet sera écrasé alors qu’il prendra plus d’importance en contre plongée (appareil placé en dessous).

6. L’echelle des plans

Du plan général au très gros plan, le cadrage des sujets est déterminé par rapport à une échelle des plans. Cette échelle purement descriptive, permet de se donner un référent commun pour parler d’une même image. Elle a été établie en prenant pour référence l’échelle humaine.

Plan général  : paysage ; Plan d’ensemble  : le personnage dans son environnement ; Plan moyen : le personnage en pied ; Plan américain : le personnage coupé entre le genou et la taille ;  Plan rapproché : le personnage coupé entre la taille et la poitrine ; Gros plan : visage ; Très gros plan : détail du visage .

Le plan général et plan d’ensemble ont une valeur descriptive, les plans moyen, américain et rapproché, une valeur narrative, et les gros et très gros plans, une valeur  » psychologique « .

7. La lumière : Directe/indirecte

8. La couleur – le noir et blanc – le camaïeu

Une prise de vue en noir et blanc traduit un choix esthétique ou une volonté de situer l’action dans le passé.

En couleur, un éclairage solaire crée une sensation de naturel alors qu’un éclairage artificiel théâtralise la scène.

De même, un traitement pastel des couleurs nuance une image qui serait dynamisée par un contraste important ou une grande vivacité des teintes. Le camaïeu : plusieurs nuances de la meme couleur : une image d’irréealité, de retour au pas